LA RUSSIE A DÉPLOYÉ DEUX SU-57 SUR LA BASE AÉRIENNE DE LATTAQUIÉ, EN SYRIE

LA RUSSIE A DÉPLOYÉ DEUX SU-57 SUR LA BASE AÉRIENNE DE LATTAQUIÉ, EN SYRIE

via Twitter - Atterrissage des deux Su-57 russes sur la base aérienne de Lattaquié.

 – Atterrissage des deux Su-57 russes sur la base aérienne de Lattaquié.

Actuellement, la base aérienne de Hmeimim, située sur la côte ouest de la Syrie, à la périphérie de la ville de Lattaquiée, accueille sur son tarmac des hélicoptères de manoeuvre et d’attaque, des avions de transport, des avions d’alerte avancée ainsi que des avions de combat Su-25 «Frogfoot», Su-24 «Fencer», Su-34 «Fullback» et Su-35 «Flanker-E» (liste non exhaustive).

L’ensemble de ces vecteurs aériens participent quotidiennement aux missions opérationnelles en soutien aux forces loyalistes du dictateur Bachar El-Assad, avec des frappes aériennes, des missions de défense aérienne des avions d’attaque au sol, etc… Mais cette base aérienne vient de voir atterrir un tout nouvel appareil. En effet, le mercredi 21 février 2018, des vidéos et des photographies diffusées sur les réseaux sociaux ont montré l’arrivée de deux Su-57 russes (anciennement PAK-FA T-50).

Ces deux appareils, derniers nés de l’avionneur russe Sukhoï et considérés comme des avions dits de «5ème génération» (appellation purement commerciale), se sont posés à Lattaquié aux côtés de quatre Su-35 «Flanker-E», quatre Su-25 «Frogfoot» et d’un avion d’alerte avancée A-50U «Mainstay». Le déploiement de ces deux chasseurs, considérés comme furtifs, n’a pas été confirmé par Moscou ou le Pentagone. Toutefois, après avoir été analysés, les documents diffusés ne semblent pas être des trucages.

Le Su-57 est toujours aujourd’hui dans sa phase d’expérimentation par les ingénieurs du projet et par les autorités militaires russes, mais ces essais en vol se rapprocheraient de la fin. En effet, début février 2018, le vice-ministre de la Défense Iouri Borissov a déclaré que le Ministère russe de la Défense «prenait déjà les Su-57 pour les tester au combat, les tests d’État de la première étape ayant pris fin».

C’est donc sans doute dans ce cadre là que deux Su-57 ont été déployés sur le sol syrien. L’objectif de ce déploiement est de collecter le maximum de données possibles avec l’observation du comportement et l’analyse des capacités des équipements offensifs et défensifs du Su-57 dans un véritable contexte opérationnel, sur un champ de batailles où oeuvrent de nombreux acteurs.

De son propre côté, la Russie et Soukhoï pourraient donc ici tester, entre autres, le radar à antenne active (ou radar AESA, Active Electronically Scanned Array) avec la détection des appareils russes mais aussi et surtout, occidentaux (F-22 Raptor, Rafale, F-15E Strike Eagle, avions d’alerte avancée, MQ-9 Reaper, etc…), et toutes leurs spécificités. Ils pourraient aussi entamer des essais de fonctionnement dans un environnement climatique différent de celui rencontré en Russie, avec notamment la poussière et la chaleur. Enfin, le système d’armes peut lui aussi être testé.

Mais la réalisation de ces essais et la pertinence de ce déploiement sont remis en question. En effet, depuis le lancement du programme, le PAK-FA subit retards après retards et les périodes d’essais sont rallongées voire décalées. A titre d’exemple, et officiellement, les radars à antenne active ne sont pas totalement opérationnels et font encore l’objet de développements, le système d’armes n’a jamais été testé, des tirs d’armements bons de guerre n’ont jamais été menés, les problèmes de fonctionnement sur les deux réacteurs sont nombreux et récurrents, etc…

Si la Russie peut y voir ici une opportunité de confronter tant bien que mal son Su-57 dans un contexte opérationnel, c’est aussi une aubaine pour les armées de l’air occidentales et les services du renseignement militaire. En effet, grâce aux acteurs locaux sur le terrain, les systèmes de collecte d’informations embarqués sur les chasseurs (SPECTRA pour les français), les avions d’alerte avancée et les moyens aériens ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance), les pays de la coalition internationale pourraient collecter des données sur cet appareil. Ainsi, ils pourront alors établir des dossiers qui permettraient, dans le futur, de faire face à cet appareil en connaissant les contre-mesures adéquates, sa signature radar, etc…

Le Su-57 est un appareil complexe avec ses réalités et ses ombres, et dont les informations qui nous parviennent sont aujourd’hui justes, sous-évaluées, impossibles à déterminer précisément ou tout simplement fausses. Le PAK-FA est «le programme le plus fondamental pour l’avenir de l’armée de l’air Russe. Appelé à prendre la relève de la redoutable et prolifique famille Flanker ; le PAK FA sera le premier appareil de 5ème génération conçu, développé et entièrement mis au point en Russie», explique l’excellent blog Red SamovarIl a récemment publié un dossier indispensable à la lecture pour comprendre le programme PAK-FA et surtout, pour connaître finement le Su-57.

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